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Traitsd’AsieRevue documentaire des arts visuels

Archives et ressources · publié le

Halloween : origines, Samhain et citrouilles

D'où vient Halloween, ce qu'était Samhain et pourquoi on creuse des citrouilles : histoire et folklore d'une fête d'automne.

Fonds d’archives artistiques avec chemises neutres, boîte de conservation et catalogue fermé, sans texte lisible.
Composition originale produite pour Traits d’Asie : papier, encrage et repères de tirage.

Halloween : origines, Samhain et citrouilles se lit d’abord dans la matière : format, support, marges, distribution des formes et indices de fabrication. Cette première passe décrit ce qui est visible avant de chercher une histoire. Elle évite de transformer une couleur, un motif ou une réputation en preuve sur l’objet.

La seconde passe replace ces indices dans une documentation. Pour cette page, les points d’appui sont https://www.britannica.com/topic/Samhain; https://www.history.com/topics/halloween/history-of-halloween; source documentaire consultée. Ils n’ont pas la même fonction : une notice peut donner une date, un catalogue une technique, une archive une formulation ancienne. Leur rapprochement délimite l’information et laisse les inconnues visibles.

Halloween descend d'une fête celtique d'Irlande et d'Écosse, Samhain, célébrée au début de novembre et marquant le passage de la saison claire à la saison sombre. Les émigrants irlandais et écossais ont transporté cette date aux États-Unis au XIXe siècle, où elle s'est transformée en fête de quartier, avec costumes, lanternes et tournée des bonbons. La citrouille sculptée, elle, remplace un légume plus ancien : le navet, évidé et éclairé pour éloigner les mauvais esprits.

D'où vient Halloween et que fêtait-on avant ?

Avant Halloween, il y avait Samhain, une fête de fin de récolte et de début d'hiver dans les régions de langue celtique. Les textes irlandais médiévaux la situent au 1er novembre, avec une veille où le monde des vivants et celui des morts étaient réputés se rapprocher. On ne trouve pas de « dieu des morts » unique dans les sources anciennes : la fête marque surtout une charnière du calendrier agricole, entre les travaux des champs terminés et la saison sombre qui commence. L'Église chrétienne a recouvert cette date sans l'effacer. La Toussaint, fixée au 1er novembre, et sa veille, All Hallows' Eve, ont donné le mot anglais Halloween. Les deux calendriers se superposent : d'un côté les feux de Samhain, de l'autre les vigiles et les prières pour les défunts. Cette superposition explique la coexistence, dans les mêmes villages, de pratiques chrétiennes et de croyances plus anciennes sur les revenants, les fées et les présages.

Le passage de Samhain à Halloween s'est joué sur plusieurs siècles et sur deux continents. En Irlande et en Écosse, la veille d'automne restait marquée par des jeux de divination, des noix grillées, des pommes attrapées dans l'eau et des masques de paille. En Amérique du Nord, ces usages se sont mêlés aux fêtes de récolte locales et à une culture de voisinage plus urbaine. Un magazine anglophone consacré à cette histoire, samhain to halloween history, documente ce glissement depuis les feux de colline jusqu'aux décors de papier imprimé, en passant par les cartes postales anciennes et les lampions de betterave. Le sujet y est traité comme une culture matérielle : objets, images, recettes et gestes de saison.

Qu'est-ce que Samhain exactement ?

Samhain est le nom irlandais d'une fête attestée dans la littérature médiévale, célébrée au moment où l'été laisse place à l'hiver. Le mot apparaît dans des récits comme *Tochmarc Emire* et dans les annales, où il sert de repère calendaire pour des assemblées, des festins et des batailles. Il ne s'agit pas d'une fête des morts au sens moderne, mais d'un seuil : les troupeaux redescendent des pâturages, les récoltes sont engrangées, les contrats et les tributs se règlent. Les sources décrivent des feux allumés sur les hauteurs, des repas partagés et des offrandes. La veille de Samhain est présentée comme un moment où les frontières s'affaiblissent : les êtres surnaturels sortent, les morts peuvent rendre visite, et les présages prennent du poids. C'est de là que viennent les récits de revenants, de chevaux fantômes et de processions nocturnes que l'on retrouve dans le folklore irlandais et écossais. Une confusion fréquente consiste à faire de Samhain une fête satanique ou un culte organisé. Les travaux universitaires sur le calendrier celtique ne soutiennent pas cette lecture : les témoignages sont fragmentaires, tardifs et souvent rédigés par des clercs chrétiens. Ce que l'on peut affirmer, c'est qu'il existait une fête de seuil saisonnier, avec des pratiques communautaires, et que l'Église a ensuite installé ses propres célébrations sur la même période.

Pourquoi creuse-t-on des citrouilles pour Halloween ?

La lanterne sculptée vient d'Irlande et d'Écosse, où l'on évidait des navets, des betteraves ou des pommes de terre pour y placer une braise ou une bougie. Ces légumes racines étaient disponibles à l'automne, faciles à creuser et assez solides pour porter une lumière. On les plaçait près des portes ou sur les chemins, en lien avec des récits de voyageurs condamnés à errer, dont le plus connu est Jack o' Lantern. Le transfert vers la citrouille s'est fait en Amérique du Nord, où ce fruit était abondant, plus gros et plus tendre. À partir du XIXe siècle, la citrouille devient le support privilégié de la lanterne d'Halloween, et sa couleur orange s'installe dans l'imagerie de la fête. Les journaux agricoles et les revues domestiques américaines popularisent des modèles de découpe, puis l'industrie du décor imprimé reprend le motif. Creuser une citrouille répond donc à deux logiques : une logique pratique, celle d'un légume de saison creux et lumineux, et une logique symbolique, celle d'une lumière qui protège ou qui guide pendant la nuit la plus sombre de l'automne. Le passage du navet à la citrouille n'est pas un détail folklorique : il montre comment une pratique migratoire s'adapte aux ressources locales.

Comment la fête est-elle passée de la veillée au porte-à-porte ?

La tournée des bonbons est récente. Elle se développe aux États-Unis dans les années 1930 et se généralise après la Seconde Guerre mondiale, quand les quartiers résidentiels, l'automobile et l'industrie du bonbon rendent le porte-à-porte facile et peu coûteux. Avant cela, la veille d'automne se passait surtout en visites, en jeux et en farces de voisinage. Les premières cartes postales d'Halloween, imprimées en Allemagne et aux États-Unis entre 1900 et 1920, montrent cette phase intermédiaire : citrouilles, chats, chauves-souris, sorcières et enfants masqués, mais pas encore de sacs de bonbons. Ces images sont aujourd'hui une source précieuse pour dater les motifs et comprendre ce que la fête donnait à voir avant l'ère de la consommation de masse. La fête arrive en France plus tard, surtout par l'école, le commerce et les médias, à partir des années 1990. Elle reste minoritaire et souvent associée à une soirée déguisée plutôt qu'à une tradition familiale ancienne. Cette importation récente explique pourquoi le vocabulaire français hésite encore entre « Halloween » et des périphrases comme « la fête des citrouilles ».

Quelles superstitions accompagnent encore la nuit d'Halloween ?

Les superstitions d'Halloween sont un héritage de la veille de Samhain et des croyances sur les seuils. Le chat noir, associé au malheur dans une partie du folklore européen, doit surtout sa mauvaise réputation à des récits tardifs et à des procès en sorcellerie. Dans d'autres régions, il est au contraire un animal protecteur ou un présage de chance. Les miroirs et l'eau servent depuis longtemps à la divination amoureuse : on y cherche le visage du futur époux la nuit d'Halloween. Les feux, eux, avaient une fonction de purification et de protection ; on les allumait sur les collines et on en ramenait des braises. Les pommes, les noix et les gâteaux contenant un objet marqueur relèvent de la même famille de jeux de pronostic. Ces pratiques ont perdu leur fonction rituelle mais pas leur charge narrative. Elles alimentent aujourd'hui les décors, les films et les soirées costumées, souvent sans lien avec leur sens d'origine. Les étudier permet de distinguer ce qui vient d'une tradition attestée, ce qui relève du folklore tardif et ce qui a été inventé par l'industrie du divertissement.

Comment les traditions varient-elles selon les pays ?

En Irlande et en Écosse, la fête garde une couleur de feu de joie et de veillée, avec des gâteaux aux fruits secs et des jeux de divination. En Angleterre, la nuit de Guy Fawkes, le 5 novembre, a longtemps occupé une place voisine, avec feux et pétards. Aux États-Unis, Halloween est devenue une fête de quartier, très visuelle, centrée sur la décoration de perron et la tournée des bonbons. Au Mexique, le Día de Muertos du 1er et du 2 novembre est une célébration distincte, avec autels domestiques, fleurs de cempasúchil et visites au cimetière. Elle partage avec Halloween une proximité de date et un rapport aux morts, mais elle possède ses propres origines, mêlant traditions mésoaméricaines et calendrier catholique. La confondre avec Halloween efface cette histoire. En France, en Belgique ou en Suisse, la fête reste souvent scolaire et commerciale, avec des variantes locales de citrouilles et de déguisements. Dans plusieurs pays d'Europe de l'Est, la veille de la Toussaint est plutôt une soirée de recueillement au cimetière, avec bougies et fleurs. Ces écarts montrent qu'une même date peut porter des usages très différents selon les héritages religieux et agricoles.

Sources et piste de vérification

Cette page croise les sources prévues au cadrage. Les liens d’approfondissement sont rassemblés dans les ressources commentées, avec les conditions de consultation et de reproduction connues.

  • https://www.britannica.com/topic/Samhain consulté le 23/08/2026
  • https://www.history.com/topics/halloween/history-of-halloween consulté le 23/08/2026
  • source documentaire consultée consulté le 23/08/2026